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Khélia : Sortir du projet "gagner de l'argent à n'importe quel prix"
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Kélia a fui Paris à 18 ans, bac en poche, sans même avoir de travail. Aujourd'hui installée à Lyon depuis dix ans, elle gère sa propre boîte de conseil et navigue avec une relation à l'argent qu'elle-même décrit comme tout sauf smooth. Ce qui frappe dans son histoire, c'est la façon dont l'argent n'est jamais vraiment le sujet — ou plutôt, il l'est tout entier, mais déguisé. Une pension paternelle qui s'éternise, des devis calculés au plus juste pour survivre, des services rendus gratuitement à des amies entrepreneures fauchées : autant de façons d'esquiver la question de ce qu'elle vaut vraiment. Derrière la consultant compétente et analytique se cache une petite fille harcelée pendant sept ans, qui a appris que son seul droit à l'amour passait par ce qu'elle donnait aux autres. Kélia ne le formule pas ainsi au départ — mais au fil de la conversation, les pièces s'assemblent avec une précision qui donne le vertige. Elle tremble à l'idée de doubler ses tarifs. Elle n'a jamais écouté Histoire d'Argent. Les deux choses sont sans doute liées.
Quelques citations :
1« J'ai envie d'en avoir. Non. T'en as pas eu des masses, d'une manière générale ? Non, ouais. »
2« Plus je vieillis, plus je me dis : avant de fonder une famille, il faudrait pouvoir l'assumer. Financièrement. »
3« J'estimais que ma seule valeur en tant qu'amie, c'était d'être leur psy et de leur rendre des services. »
4« J'ai peur que ça soit incompatible. Est-ce que ça l'est ? J'imagine que non. Parce qu'on peut pas tout avoir dans la vie. »
5« C'est la première fois, j'avais 15 ans, que je me suis dit : je suis digne d'être aimée par quelqu'un d'autre que mes parents. »
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